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Le travail des prisonniers : outil de réinsertion ou exploitation d’une main d’œuvre fragilisée ?

  • 12 Commentaires

rémunération

  1.  
  1.  
    Les conditions de travail semblent bonnes, mais la rémunération lamentable. Je n'ai pas vu (ou alors j'ai mal entendu, ce qui est possible) de précisions quant aux nombres d'heures/semaine faites par les prisonniers, mais toucher 50euros/mois est proprement insultant, dégradant et contraire aux Droits de l'Homme dans un pays dit civilisé et démocratique.
     
    Posté par Minacz
    le 22/04/2010
  2.  
     
    Merci Minacz d'avoir lancé cette discussion. L'autre versant de cette problématique, c'est la transparence des entreprises qui font appel à cette main d'oeuvre bon marché. C'est encore très tabou en France, mais il faudrait des règles claires pour tout le monde, de chaque côté des barreaux. Pour en savoir plus, je vous renvoie sur l'excellente enquête de Gonzague Rambaud "Le travail en prison" qui sera un de nos interlocuteurs en chat très prochainement.
    --
    David Carzon
    rédacteur en chef du pôle web d'Arte France
  3.  
     
    Et quelles sont les justifications d'un si faible salaire? Toute politique, même illégitime, cherche une légitimité par la justification...
  4.  
     
    Bonjour Yoan,

    Concernant les rémunérations des travailleurs-détenus, la moyenne horaire se situe à 3 euros brut de l’heure. C’est une moyenne dans la mesure où les prisonniers sont payés dans 80% des cas à la pièce. Si le quota horaire (ex : 1000 pièce/heure, par exemple de l’ensachage de produits cosmétique) est respecté, le travailleur captif touche la totalité des 3 euros brut. A contrario, si la cadence n’est pas respectée, le prisonnier est payé au prorata. Les fiches de paie que j’ai pu voir s’élevaient rarement à plus de 300 euros net pour en moyenne 6 heures de travail quotidien.

    Pourquoi de telles rémunérations sont acceptées, dites-vous en substance ? Hormis les raisons expliquées lors d’un chat auquel j’ai participé, chat dont je vous laisse l’adresse ci-dessous, les détenus travaillent – aussi – pour obtenir des remises de peine supplémentaire (RPS). Les juges d’application des peines (JAP) peuvent attribuer 3 mois de RPS par an aux détenus irréprochables.

    Parmi les critères retenus pour bénéficier de RPS, le travail carcéral compte beaucoup, comme nous l’ont raconté plusieurs magistrats et détenus, cités dans le livre « Travail en prison – enquête sur le business carcéral. Autrement », que j’ai co-écrit avec Nathalie Rohmer. Ainsi, les détenus se pressent aux ateliers…pour sortir plus vite et satisfaire une bonne conduite exigée par l’Administration pénitentiaire. Ce qui fait dire au Bureau international du travail (BIT) que le travail en prison peut s’assimiler à du travail forcé.

    Travail forcé ? C’est un peu fort ! Pas si sûr, si l’on se fie, comme le BIT et certains docteurs en droit, à la définition du travail forcé : « tout travail ou service exigé d’un individu sous la menace d’une peine quelconque et pour lequel ledit individu ne s’est pas offert de plein gré ». Or, les détenus, en refusant de travailler n’obtiennent pas de Remise de peine supplémentaire. Il y a donc bien une peine quelconque : celle, en l’occurrence, d’être enfermé… plus longtemps. Désolé d’avoir été long, mais j’avais oublié de mentionner cette information dans le chat de jeudi soir.

    Au regard de cette définition, appuyée par le livre des docteurs en droit, Philippe Auvergnon et Caroline Guillemain (Travail pénitentiaire en question. Une approche juridique et comparative. La Documentation française. 2006), pensez-vous que « l’ombre du travail forcé » plane encore en prison ?

    http://prisonvalley.arte.tv/fr/forums/discussion/126/chat-avec-gonzague-rambaud-auteur-du-travail-en-prison/#Item_0
  5.  
     
    Incroyable qu'un main d'œuvre soit exploité de la sorte aux états-Unis ! 50 dollars par mois ?? La fortune des entreprises est assuré...
  6.  
     
    Le travail dans les prisons françaises se déroulent à 90% des cas dans des conditions très déplorables et précaires. Précaire au niveau du salaire (pour exemple, dans tous les ateliers de fleury mérogis les détenus sont payés à la pièce) car si le carnet de commande n'est pas rempli le detenu ne travaillera pas un mois complet ce qui réduira considérablement son salaire. Un detenu travaillant à la "vitesse normale" touchera pour un mois complet entre 80 et 100 euros . Tout est une question de "vitesse" pendant le travail. Beaucoup de sous-traitants se sont rendus compte qu'ils n'avaient plus besoin de tenir d'ateliers clandestins pour etre compétitif. Désormais ils passent par l'administration pénitentiaire et, miracle de l'économie de marché, ils redressent leur affaire à moindre coût.
  7.  
    • David Dufresne Équipe Prison Valley
    • le 02/07/2010 (édité le 02/07/2010)
     
    A lire, l'interview (anonyme) d'un responsable de Gepsa, opérateur privé dans certaines prisons françaises...
    http://prisonvalley.arte.tv/fr/forums/discussion/162/un-responsable-de-gepsa-operateur-prive-dans-certaines-prisons-francaises-parle/
  8.  
     
    honte a ceux qui font un business du malheur des autres! quel respect est donné au travail d'un homme payé 3euros de l'heure? la chance d'une assimilation a un systeme social qui les meprisent et ridiculisent la justice et les droits de l'homme? a ceux qui trouvent tout ca legitime et exigent des detenus qu'ils payent leurs loyer je demande de bien reflechir a ce qu'ils entendent par "justice". Se borner dans cette conception des choses ne peut avoir que des consequences dramatiques pour la republique qui maintient un tel ordre social. il faut que ces employeurs malhonnetes soient trainés au tribunal et condamnés sans equivoque comme l'ont été leurs employés ou alors le systeme judiciaire n'est plus qu'une agence esclavagiste aux ordres du Maitre et a chacun alors la liberté de faire sa propre justice a la lumière de sa conscience!
  9.  
     
    En dehors des prisons il y a une profession en France dans laquelle la rémunération horaire tourne autour de 3 euros de l'heure,parfois moins.
    il s'agit des assistantes maternelles. En effet, la CAF et pajemploi plafonnent le revenu maxi à 5 smics horaire par jour, sachant que les assistantes maternelles font
    en moyenne des journées de 10 heures, beaucoup font 11 à 12 heures par jour, sans pause, hormis le temps de sieste quand celui ci se passe sans problème,
    et c'est une pause très relative puisque les enfants sont toujours sous sa responsabilité et qu'elle ne dispose d'aucune liberté d'aller et venir pendant ce temps.
    L'argument qui justifie cette rémunération nettement en dessous du smic horaire est qu'elle garde plusieurs enfants et que ce salaire horaire est multiplié par le nombre d'enfants gardés,
    mais aujourd'hui un grand nombre d'assistantes maternelles ne garde qu'un seul enfant. D'une part à cause de la dimension des logements et surtout consécutivement aux ouvertures de crèches, c'est
    une profession lourdement touchée par le chômage.
    Je pense qu'il s'agit clairement de la non reconnaissance du travail des femmes et de l'exploitation des femmes car finalement c'est l'état qui prend en charge une partie du coût du travail
    et qui fixe ce plafond.
    Cette situation déplorable représente néanmoins une avancée sociale de la situation de cette profession suite à des luttes syndicales car la situation étais bien pire avant et complètement acceptée par tout le monde.
    Le travail des femmes dans une profession typiquement et traditionnellement féminine n'est pas mieux considéré que le travail des détenus.

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